Entretien avec Dr. Djalila Rahali sur la thérapie et la technologie numérique




http://drrahalifdjalila.over-blog.com
Twitter: @DrRahali_CybPsy

Dr. Djalila Rahali
Psychologue clinicienne spécialisée en CyberPsychologie
Ex- Conseillère de ministre chargée de la e-communication
Chercheure en cybercomportements des cyberdélinquants et cybercriminels
Université d’Oran 2 – Mohamed Ben Ahmed- Oran – Algérie

– De quels autres outils technologiques un psychologue dispose-t-il actuellement?

Avant l’ère de la démocratisation des tablettes et surtout des Smartphones, le psychologue se contentait d’avoir un site internet et travaillait via son pc dans son cabinet ou ailleurs pour pouvoir être en contact avec son patient. Avec la venue des tablettes, cette plateforme a été favorisée parce qu’elle donnait un peu plus de flexibilité dans la mobilité de part et d’autre ( psychologue et patient) qui pouvaient se contacter même en se déplaçant hors leurs lieux de travail habituels. Du coup, cette mobilité a ouvert les portes aux thérapies comportementales qui utilisent l’exposition in vivo ou la désensibilisation systématique dans le cas des TCC ( Thérapie congnitivo- comportementale) comme dans le cas de la phobie des avions, de la phobie des araignées, des claustrophobies etc. Avec la généralisation des Smartphones, les thérapies ont évolué aussi, donc, avec cette grande flexibilité dans les applications et les moyens audio, vidéo et chat, les psychologues se sont retrouvés ravis de pouvoir utiliser plusieurs plateformes de connexion entre eux et leurs patients. Aussi, les psychologues se retrouvent de plus en plus interpellés via internet et peuvent donc prendre en charge plusieurs patients en même temps et plus facilement puisqu’ils peuvent alterner entre les consultations écrites.


Réalité virtuelle, vers l’immersion totale? – FUTUREMAG – ARTE

– Quels sont les avantages et les inconvénients de l’utilisation de la psychothérapie à travers la réalité virtuelle?

La réalité virtuelle a ouvert de grandes portes pour les psychothérapies tant qu’elle permet l’exposition in vivo et la désensibilisation systématique situationnelle dans le cas des thérapies dites TCC (Thérapies cognitivo-comportementales). Grâce à la réalité virtuelle, le psychothérapeute n’est plus obligé de chercher les situations thérapeutiques ailleurs. Je citerai l’exemple de quelques phobies comme celle des serpents, des araignées, des avions etc. Sans la réalité virtuelle, le psychothérapeute se faisait généralement aidé par des photos, des vidéos et parfois même à amener son patient dans une situation réelle comme l’accompagner à l’aéroport et le suivre pendant tout le vol pour bloquer ses réactions d’évitement (fuite, perte de conscience etc.) ainsi que ses réactions psychophysiologiques telles que les cris, les tremblements suite au stress assez élevé . L’immersion dans la réalité virtuelle permet de reproduire dans les détails (mouvement, sons etc.) la situation que le patient craint et de l’accompagner pour le désensibiliser ou l’immerger jusqu’à extinction de l’anxiété. Tout repose donc sur la thérapie choisie après consentement et engagement du patient (contrat psychologique). Ce genre de thérapie a connu un grand succès d’abord au Canada avec la création du premier laboratoire de cyberpsychologie qui offrait aux patients cette état second de se comporter dans un espace cyber, de se déplacer et de sentir.

– Quand est-il pratique d’utiliser la psychologie en ligne? et quand la réalité virtuelle?

La psychologie en ligne qui va de la consultation à la psychothérapie passant par l’orientation, peut être utilisée pour tout le monde. La e- consultation et la e-orientation étant les services les plus forts en terme d’importance et de fréquence. Tandis que la psychothérapie via réalité virtuelle, elle est plus efficace quand il s’agit de changer des comportements comme par exemple des cas de phobie (agoraphobie, phobie sociale, claustrophobie, phobie d’insectes ou d’animaux ou autres. Aussi pour faire apprendre de nouveaux comportements à un patient en l’introduisant dans des situations d’interaction (professionnelles ou sociales ou familiales) auxquelles il ne répondait pas de manière adéquate. Mais , nous ne pouvons pas utiliser la réalité virtuelle dans tout les cas. JE citerai l’exemple de personnes qui présentent des pathologies comme des problèmes cardiaques, d’hypertension ou ceux qui perdent conscience après exposition au sujet phobogène ou au sujet de l’anxiété. A ceux-là, la psychothérapie par réalité virtuelle ne convient pas et on revient à la thérapie via internet ( cyberthérapie) ou à la psychothérapie classique de face à face . Donc, le psychologue clinicien est seul à décider de la manière de faire pour les méthodes utilisées et les outils d’intervention. Le psychologue est donc amené à être très vigilant et faire des entretiens approfondis de face à face ou via internet avant d’exposer son patient aux psychothérapies via réalité virtuelle.




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D’ici, mes remerciements à Dr. Djalila RAHALI pour nous avoir rapproché de la réalité de la thérapie et la technologie numérique